Parler pour mieux apprendre.

Publié le 18 Septembre 2016

 

L’homme est capable de penser de deux façons, différentes mais complémentaires. La première est innée. La seconde se construit lentement, par interaction avec l’environnement, quand et si celui-ci le permet.

 

1er accès à la connaissance:

Il est intuitif, par mimétisme et analogie. Le seul repère est l’espace. (Circuit à commande externe) Ce sont les circuits indispensables à la survie (fuir ou attaquer rapidement).

2ème accès à la connaissance:

C’est le circuit à commande interne. Il prend 4 fois plus de temps (Gazzaniga, Ivry, Mangun Neurosciences cognitives, La biologie de l’esprit, De Boeck Université, 2001)

 

La pensée naît aussi des perceptions, mais elle est ORALISEE. Les perceptions sensorielles sont analysées, pesées, comparées à l’aide de liens logiques. L’action finale, qui découle de cette oralisation, est plus mesurée, mieux adaptée à une situation nouvelle. C’est la mise en place de la volonté propre.

Selon E. Nuyts, notre système d’apprentissage de la lecture et de l’écriture serait à l’origine des troubles qui se rencontrent dans les classes, en particulier dyslexie, dysorthographie et dysgraphie.

En imposant la lecture et l’écriture silencieuses, on conduit le cerveau des enfants à mettre en place des circuits neuronaux selon le premier accès, peu stables sans aucun respect pour le mode cognitif de chacun*.

Elle précise: «  c’est par la coordination constante entre œil, main, geste, oreille et PAROLE, et ensuite par la mise en place de la pensée langagière ( la petite voix qui parle quand nous lisons et écrivons) que commence la prévention de tous les dysfonctionnements ».

 

*Mode visuel:+/- 5% des occidentaux à l’aise avec les pédagogies visuelles

Mode kinesthésique: une grande majorité des occidentaux apprentissage par le geste (écriture)

Mode auditif: 1/4 de la population a besoin de mettre en mots, de parler, pour apprendre

 

Redonner leur place aux perceptions sensorielles et à la parole permettrait ainsi à certains élèves en grande difficulté scolaire de retrouver le sens de leurs apprentissages.

 

En rééducation de l'écriture il nous faudra:

  • travailler les perceptions visuelles, c'est à dire mettre en mots ce que l'on voit
  • travailler les perceptions tactiles c'est à dire la mémoire du geste pour construire le circuit oeil/parole/main nécessaire à l'apprentissage de l'écriture.
  • travailler la mémoire et la concentration.

Rédigé par Marie-Laure VINCENT

Publié dans #langage

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